Accompagner les victimes de violence avec la thérapie narrative

Formation créée le 17/03/2026. Dernière mise à jour le 31/03/2026.
Version du programme : 1

Prochaine date

28/09/2026

Type de formation

Présentiel

Durée de formation

13 heures (2 jours)
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Accompagner les victimes de violence avec la thérapie narrative


La violence est là, dans les rapports de force, dans les entreprises, dans les collectivités, dans la vie des nations et des états. La violence est là dès qu’un individu, un groupe d’individu cherche à imposer ses désirs, son plaisir, sa vision du monde, sa puissance sa force à l’autre. Elle s’insinue dans la vie des familles, dans la vie des couples, la violence est là, présente dans l’intimité. La violence fait des dégâts, elle laisse des traces dans la vie intime des personnes, des familles et des communautés. La violence nous révolte, elle nous fait horreur, parce qu’elle fait perdre le lien avec ce qui donne de la valeur à la vie. Et c’est pour cela que nous tentons de déjouer ses vilains tours par différents moyens. Différentes propositions existent (malheureusement en quantité insuffisante) pour les victimes de violence : des numéros d’appel, des secours d’urgence, des hébergements, parfois des aides financières, des personnels dédiés dans les postes de police et de gendarmerie, des dispositifs judiciaires, des associations d’aide aux victimes, des propositions militantes, politiques. Notre proposition se veut complémentaire à toute ces approches, elle est avant tout thérapeutique. Elle n’a pas l’ambition d’éradiquer la violence, mais plutôt d’en limiter les conséquences et de réparer les dégâts pour les victimes, et pour les familles et les communautés auxquelles les victimes appartiennent. Il nous a paru pertinent de commencer par comprendre la construction des théories freudiennes en référence à la première intention de Freud : dénoncer l’inceste. Et de comprendre ce qui l’a empêché d’aboutir.

Objectifs de la formation

  • Identifier les différentes réactions par rapport aux victimes de violence
  • Accueillir la plainte et l’épuiser
  • Identifier les valeurs de la personne à partir de ce qui est absent mais implicite
  • Explorer les valeurs à partir des comportements automatiques
  • Réunir les conditions nécessaires avant d’aller en justice
  • Restaurer l’environnement familiale et affectif de la personne

Profil des bénéficiaires

Pour qui
  • Aux personnes qui accompagnent des victimes de violence et qui recherchent des modèles qui facilitent la reconstruction d’une identité vivante.
  • Aux Praticiens Narratifs qui souhaitent accompagner les victimes de violence.
Prérequis

Contenu de la formation

Jour 1 matin 9h30 Accueil des participants Échanges sur les attentes et sur les objectifs de la formation Quelle est votre relation à la violence, aux victimes de violence, à la psychanalyse, Freud se la raconte Dans cette conférence théâtralisée, Bertrand Hénot incarne un Sigmund Freud aussi érudit que décalé, pour une exploration captivante – et tragicomique – des fondements de la psychanalyse freudienne. Avec finesse et humour, le célèbre neurologue autrichien nous expose sa vision de l’inconscient, ses concepts fondateurs, mais aussi ses angles morts. En s'appuyant sur des situations concrètes et des exemples issus du champ thérapeutique, le spectacle pose une question essentielle : comment accompagner aujourd’hui les personnes ayant vécu des abus ou des formes de maltraitance, sans reproduire les mécanismes de domination parfois présents dans certaines approches traditionnelles ? Nous verrons en particulier pourquoi et comment Freud a dans un premier temps pris en considération les violences sexuelles et tenté de les dénoncer. Et comment il y a ensuite renoncé pour privilégier une vision intrapsychique du trauma. Bord de scène Un premier point permettra de dégager ce que l’on peut garder de la pensée freudienne, et de la pratique de la psychanalyse en particulier le fait de créer un espace de parole où l’on va écouter et croire les personnes. Nous ferons également un petit inventaire de de que l’on peut prudemment écarter en particulier dans le cadre de l’accompagnement des victimes de violences.
Jour 1 après midi Accueillir et épuiser la plainte. À partir du moment où une victime de violence demande de l’aide, on peut imaginer qu’elle recherche un endroit pour parler et être crue. Nous verrons comment créer un espace d’écoute et d’accueil inconditionnel, sans tentative de solution, de réparation. Nous verrons comment accueillir et épuiser la plainte par une pratique systématique de la reformulation, et par des questions d’épuisement : « Et quoi d’autre ? » Le but de cette première phase, est de se laisser toucher par l’histoire de la personne et de créer l’alliance thérapeutique. Nous mesurerons les limites du modèle cathartique, à savoir l’idée qu’il faut parler, qu’il faut revivre le trauma et en donner une expression verbale pour sans libérer. Nous veillerons à ne pas retraumatiser les personnes que nous accompagnons. Nous évoquerons avec la psychanalyse les limites d’un modèle post traumatique causaliste et généralisant. Pratique de la double écoute Il y a d’un côté, tout ce qui appartient au trauma, à la violence, à la survie, tout ce qui n’a pas de sens, et de l’autre côté ce qui appartient à la vie, à l’espoir, à la capacité de faire face. Tout en épuisant la plainte, nous considérons que personne ne se fait complice d’une violence, ou d’une injustice qui lui est faite et nous serons attentifs à tout ce qui relève des initiatives vivantes, des actes de résistance et de protestation qui marque une opposition à la violence ou à l’abus. Nous conclurons la journée par une question à échelle dont le but est de mesurer la qualité de l’alliance : « Sur une échelle qui va de 1 à 100, 1 je n’aurais rien compris à ce qui vous arrive, 100 j’aurais tout compris, là maintenant, nous en sommes à combien ? »
Jour 2 matin Réparer les relations potentiellement protectrices Face au témoignage de la victime, chacun peut être pris dans la dimension traumatique et développer des réactions automatiques qui ne sont pas toujours les plus adaptées. Les personnes auprès de qui les victimes cherchent de l’aide peuvent être prises dans des conflits de loyauté avec l’auteur de la violence, ou le reste de la famille. Les réactions inadaptées du tiers sécure ont parfois des conséquences traumatiques plus grave que l’agression elle-même. L’autonomie relationnelle Une relation vivante est où relation où l’on se sent à la fois libre et en sécurité. Et même libre parce que on est en sécurité. La survie est un monde dans lequel on n’a pas en même temps accès à la protection et à la liberté. Pour être protégé, on doit supporter l’absence de liberté et donc accepter la maltraitance. Pour être libre, on doit renoncer à la sécurité et vivre l’abandon. Et l’abandon est pire que la maltraitance. Accompagner les victimes en maintenant l’autonomie relationnelle Nous verrons comment développer des réactions qui renforce la sécurité, la protection des personnes tout en leur laissant le libre choix de leur prise de position et de leurs actions en dehors de tout cadre normatif. Le risque si l’on ne tient pas ces deux dimensions c’est soit privilégier la protection : « Vous ne pouvez-pas retourner chez cet homme violent ! » et renforcer l’identité de victime. Ou de privilégier l’autonomie : « Vous devez apprendre à vous défendre ! » et provoquer de la culpabilité. Nous ferons l’inventaire des réactions possibles, et chercherons à en identifier les effets. Cette séquence est organisée sous forme de théâtre forum. Qu’attendre de la justice ? La principale mission de la justice est de trancher les litiges entre individus afin d’éviter la vengeance personnelle. On peut en plus espérer réparation, indemnisation mais c’est souvent décevant. Muriel Salmona remarque qu’il y a plus de suicide chez les victimes qui vont devant les tribunaux que chez celles qui n’y vont pas. La condition nécessaire afin de limiter les conséquences retraumatisantes d’un procès, c’est que la victime soit soutenue par au moins une personne de son entourage familiale, un parent quand bien même il a pu être défaillant au moment de la révélation de l’abus.
Jour 2 après midi La théorie freudienne propose l’idée que les symptômes sont en lien avec une expérience traumatique (que celle-ci soit réelle ou de l’ordre du fantasme) et que les effets pathogènes demeurent tant que l’expérience est refoulée. La recherche de sens, passe par une mise en lumière de la cause des symptômes, et donc par une levée de l’amnésie sur les souvenirs d’abus ou les pensées perverses. Nous pensons que cette approche est systématiquement retraumatisante, et potentiellement culpabilisante, sans compter sur le risque de création de faux-souvenirs traumatique. Nous pensons que l’amnésie peut porter sur l’expérience traumatique elle-même, mais surtout, elle porte sur les expériences vivantes qui se sont effondrées avec le trauma. Toute la relation étant revécue à partir du trauma, ce qui pouvait être sincère et vivant dans la relation est réinterprété comme manipulatoire. Rechercher l’absent mais implicite : ce qui donne de la valeur à la vie Il y a différentes manières de rester accroché à ce qui donne de la valeur à la vie. Les actes de résistance et de protestation Lors de l’agression, les victimes peuvent avoir des réactions automatiques (fermer les yeux, serrer les dents, tourner la tête, se dissocier, penser à autre chose…). Ces réactions automatiques peuvent être réinterprétées comme des actions intentionnelles visant à s’opposer à l’agression, à protester contre la violence, à montrer qu’on n’est pas d’accord. Et le fait de dire non de cette manière à l’abus, à la violence, est une manière de dire oui à autre chose, oui à la vie. Les bouillies émotionnelles Parfois après un abus, les personnes ne ressentent plus qu’une souffrance indifférenciée. Nous considérerons que cette souffrance liée au souvenir de l’abus est également un moyen de rester en lien avec des valeurs anéanties par l’agression. Le fait d’encourager à passer à autre chose, à oublier tout cela est une manière de dire : « renonce à ce qui donnait de la valeur à la vie » Nous verrons comment identifier une à une chacune des émotions qui forment la « bouillie émotionnelle » et les relier à des protestations contre… (l’abus, la violence, la trahison, la monstruosité…) et à des revendications pour… (le respect, la douceur, la confiance, la justice…). Nous chercherons ensuite à retrouver des expériences ou ces valeurs ont été revendiquées et vécue. Nous verrons comment retrouver un lien avec un personnage qui partage ces valeurs. Enfin nous verrons s’il est possible de retrouver des expériences de ces valeurs avec le tiers sécure défaillant, en externalisant le monde de la survie dans lequel il était pris au moment de la révélation de l’abus.

Lieu

Forum 104 104 rue de Vaugirard Paris 6

Capacité d'accueil

Entre 6 et 20 apprenants

Prochaines dates

20 places restantes Accompagner les victimes de violence avec la thérapie nar...
du 28/09/2026 au 29/09/2026 Paris 6